Bouts d’histoire

La façade

Des nombreuses recherches entreprises durant l’édification de La Passade, aucun des documents ne permet aujourd’hui d’attester des allures de la façade originelle, laquelle a vraisemblablement été transformée entre 1934 et 1935 pour l’usage du corps de sapeurs-pompiers de Boudry. Michel Muttner, conservateur-restaurateur, en a dessiné la perspective, laquelle est affichée dans le hall d’entrée.

Aux origines de la ville

Une étude archéologique a accompagné la restauration de La Passade; les découvertes effectuées à cette occasion ont permis de remonter aux origines de Boudry. La ville apparaît dans les textes en 1301, mais l’existence de son château est confirmée dès 1278. On peut donc penser qu’elle est l’une des « villes neuves » créées au 13e siècle dans la région. Le plan cadastral montre encore le tracé de son enceinte, contre laquelle, comme Valangin ou au Landeron, s’appuyaient les maisons.

Le mur mitoyen occidental de La Passade a conservé les traces d’un bâtiment médiéval, du 13e siècle ou du début du siècle suivant, dont la façade se trouvait 5 mètres en retrait de l’actuelle. Cette maison comptait deux niveaux, avec probablement une cave au rez-de-chaussée et l’habitation à l’étage. Des décrochements à l’intérieur d’autres bâtiments de la rue Louis-Favre montrent que les maisons originelles étaient de plan presque carré avec sans doute, comme au Landeron, des cours au-devant des façades. Elles ont été allongées au 14e ou au 15e siècle.

On voit donc que derrière les façades de la rue Louis-Favre, reconstruites pour la plupart il y a un ou deux siècles, subsistent de larges pans du Boudry du Moyen Age.

La tourelle

L’absence de relevés du bâtiment a laissé découvrir de belles surprises à Mark Hübchser, architecte des lieux, dont la tourelle du 1er étage, laquelle était enfermée dans un énorme caisson de bois.

Celle-ci installée en 1937, servait de séchoir pour les courses (sapeurs-pompiers); lesquelles étaient alors dressées, au moyen d’une poulie, au sommet du clocheton dominant l’immeuble. Ses constructeurs n’avaient pas craint alors, de sectionner la poutre faîtière du toit… Sa structure, aujourd’hui dépouillée et restaurée, en fait une contrainte pour la bonne visibilité lors d’un spectacle ou d’un concert, mais confère pour beaucoup au charme du 1er étage, devenu le foyer Bel-Etage.